Je n'y comprends plus rien.
D'un côté, on réfléchit, dans les hautes sphères du Beaujolais viticole, à augmenter les rendements de 52 à 60 hectolitres hectare pour la prochaine campagne. De l'autre, on valide la baisse du volume de primeur autorisé en le passant à 25 hectolitres hectare (La règle en vigueur est que seule une partie de la production peut être mise en marché en Beaujolais Nouveau. Le plafond était de 35 hectolitres hectare jusqu'alors ).
D'un côté, on nous dit, qu'en augmentant les volumes de production autorisés à l' hectare, cela se traduira par une baisse du prix de revient au bénéfice du viticulteur. De l'autre, on prétend qu'en diminuant la part du volume de primeurs sur cette production , on permettra un rééquilibrage de l'offre et de la demande des Beaujolais Nouveau et par là, la garantie d'un niveau de prix acceptable pour les producteurs...
Je crois que ceux qui président aux destinées du Beaujolais devraient arrêter de fumer du cannabis, dont la consommation excessive entraîne des comportements schizophréniques. A moins que ceux qui tentent d'imposer une augmentation des rendements globaux ne soient pas les mêmes que ceux qui veulent diminuer le volume de Beaujolais Nouveau...
C'est en tout cas une nouvelle preuve du peu d'importance que l'on accorde à la viticulture bio. Vouloir augmenter les rendements de 52 hectares à 60 peut laisser songeur. Mais cette volonté discutable n'a pas d'impact sur la liberté d'action et le travail des bios, dont les rendements moyens n'excèdent de toute façon pas les 35 hectos. Par contre, en décidant de diminuer le volume de primeur autorisé à l'hectare, on risque de pénaliser fortement les bios qui ont pu, qui ont su, devant l'intérêt croissant des consommateurs pour ce type de production, développer des marchés leur permettant de vinifier et d'écouler toute leur production en Beaujolais Nouveau, alors qu'il est plus difficile, malgré l'intérêt croissant pour les produits bios, de vendre des Beaujolais ou des Beaujolais-Villages, en dehors de la période des primeurs. Mais les bios sont marginaux et leur problèmes ne comptent pas... Et quand bien même il existe également des viticulteurs conventionnels qui ont su développer leur marché de primeurs dans la limite des 35 hectos hectare, là aussi, on considère qu'ils sont minoritaires et que la loi du plus grand nombre doit s'appliquer... Les plus actifs doivent donc se sacrifier sur l'autel de l'union sacrée de la viticulture du Beaujolais.
Cette volonté qu'il y a ici à gérer le travail des viticulteurs, comme si le vin était un produit agricole de première nécessité, indispensable à notre sécuritaire alimentaire, me dépasse: on raisonne prioritairement rendement, optimisation du prix de revient, volonté de régulation des prix marché par le calage de l'offre sur une projection de la future demande , quand il faudrait avant tout raisonner qualité, valorisation de la production, encouragement aux initiatives individuelles, ou collectives qui vont dans ce sens. Pourquoi ne pas laisser plus de liberté de manœuvre à ceux qui se relèvent les manches pour vivre du fruit de leur travail ? Pourquoi contraindre dans leurs initiatives les plus performants d'entre eux sur le plan économique ? Et surtout, à quoi servent les grenelles de l'environnement où on encourage les agriculteurs à produire plus propres, si par la suite des émanations déconcentrées de l'Etat comme l'INAO ou des instances de représentation de la profession validées et contrôlées par l'INAO décident d'option qui vont à contre-sens de cette volonté politique ? Nos institutions seraient elles schizophrènes ?
vendredi 28 mai 2010
mercredi 26 mai 2010
Le puceron et la fourmi
Je viens de terminer le fauchage des chardons qui avaient envahi une de mes parcelles. J'avais décavaillonné cette parcelle l'automne dernier, et les cavaillons se sont retrouvés couverts de chardon au printemps ! Comme le montre la photo ci-dessous, les chardons sont beaucoup moins nombreux entre les rangs de vigne, ce qui semble démontrer qu'il y a une relation de cause à effet entre le labour et la pousse de ces mauvaises herbes...
Les chardons méritent-ils d'ailleurs ce qualificatif de mauvaises herbes ? Les chardons ont un système racinaire très développé, constitué de racines traçantes et pivotantes, qui descendent très profond dans le sol et leur permettent de jouer par là un rôle de décompaction naturelle des terrains . J'ai du les faucher parce qu'ils commençaient à devenir hauts et leurs épines indélicates auraient fini par gêner le travail dans les vignes. Aussi, nombreux étaient ceux ayant atteint le stade bouton floraux et il me fallait quand même éviter qu'ils grainent à nouveau afin de contenir leur développement futur.
Outre les chardons, j'ai pas mal de liserons dans cette parcelle. Une plante au système racinaire également très développé et qui joue aussi un rôle de décompactage des sols. C'est une des plantes qui résistent aux premiers traitements herbicides de printemps. On voit en ce moment pas mal de vignerons conventionnels dans les vignes, la sulfateuse sur le dos, la lance à la main, appliqués à tenter de les éradiquer au roundup ou avec une autre saloperie dans le genre. Je suis fasciné de voir avec quelle obstination certains d'entre eux s'entêtent à obtenir un sol lunaire autour de leurs pieds de vigne... Peut on encore parler de terroir pour ces sols exempts de vie où plus rien ne pousse, à l'exception des ceps ? A leur décharge, je parcourais hier le mémo flore associé au guide technique de viticulture "durable" édité par la chambre d'agriculture régionale de Bourgogne , guide fort bien fait par ailleurs, mais qui témoigne qu'il reste encore du chemin à faire par certains aspects, je vous en laisse juge. Voici le texte d'introduction du "mémo flore"; "La vigne est une culture qui abrite un grand nombre de mauvaises herbes. Le vignoble bourguignon n'y échappe pas. ... pour maîtriser efficacement ces mauvaises herbes, il est nécessaire de les connaître et de les reconnaître à l'état de jeune plante et d'adulte." Et le guide de recenser pêle-mêle des vivaces, des annuelles, des plantes concurrentielles pour la vigne et d'autres beaucoup moins, des plantes qui disparaissent spontanément aux premières chaleurs, des plantes que les botanistes reconnaissent utiles à l'équilibre des sols ! Mais bien sûr, aucune indication de ce type n'est donnée dans ce guide. Juste le nom des plantes et deux photos, une au stade plantule,une autre au stade adulte ! Comment les viticulteurs, "armés" de ce mémo flore peuvent se poser la question de savoir si ils ne feraient pas mieux de laisser leur sulfateuse à l'atelier, lorsque ce n'est finalement "que" du seneçon, du lamier pourpre, du mouron des oiseaux, du muscari qui poussent dans leurs vignes, toutes ces plantes étant citées dans ce guide comme mauvaises herbes et donc préjudiciables au développement de la vigne !
La faucille à la main, et non la sulfateuse sur le dos, je suis aux premières loges pour observer la nature reprendre peu à peu ses droits dans mes vignes. Il faut toutefois que je sois vigilant à ne pas me faire déborder ! Et c'est là toute la subtilité de l'exercice, essayer de travailler avec la nature plutôt que contre elle, tout en étant conscient que nous sommes des cultivateurs, qui avons pour mission première d'accompagner la vigne dans son développement, en veillant à ce que son environnement ne lui soit pas nuisible.
L'usage des herbicides a été abandonné en 2008 aux Bachelards, à l'exception d'une parcelle de Moulin à Vent où ils furent arrêtés un an plus tôt. Nous sommes par conséquent encore à un stade intermédiaire du cycle naturel de l'herbe. Les vivaces commencent à s'installer, mais ce sont encore majoritairement des annuelles ou des bisannuelles qui poussent dans les vignes. L'an dernier, je suis partie tous azimuts sur l'ensemble des parcelles sur l'option labour. La suite logique du désherbage chimique... Mais cette année, ma réflexion évolue et j'ai décidé de ne pas agir de la sorte.
Au début du printemps, j'ai questionné des botanistes sur le très bon forum TelaBotanica quant à l'opportunité de laisser l'herbe qui se trouvait dans certaines de mes parcelles, un pâturin annuel s'y étant développé spontanément et y assurant un bon couvert végétal. Un botaniste, expert en plantes messicoles m'a invité à laisser le pâturin et à retarder, voire exclure, les labours de mes sols pour cette année. Le pâturin est en effet peu gourmand en eau et en azote. Il "brûle" de surcroit aux premières chaleurs, restituant ainsi au sol les éléments puisés au préalable. En séchant, il assure, l'été, un couvert végétal qui préserve l'humidité des sols . J'ai donc décidé de suivre son conseil et de ne pas labourer. Les premiers jours de printemps, j'ai fait le tour de mes vignes avec ma houe et ma pioche pour détruire d'autres adventices qui venaient s'intercaler dans ce tissu herbeux, mais moins "désirables" (des chardons majoritairement) . J'ai laissé toutefois partir un ray-grass méditerranéen, petit ray-grass annuel, faiblement montant, qui lui aussi n'est pas très gourmand en eau et en azote et ne pénalise donc pas le développement de mes vignes. Sa concurrence faible pourrait même lui être bénéfique, puisqu'on sait que plus les vignes sont vigoureuses, plus les attaques de mildiou sont fortes. On a donc tout intérêt, lorsqu'on est en bio, de part l'efficacité relative des traitements autorisés pour lutter contre ce pathogène, à tenir compte de cela dans ses pratiques culturales. A ce jour, je suis plutôt satisfait du résultat. Les vignes poussent sans trop accuser de retard de croissance par rapport à celles du vignoble et l'herbe n'est pas envahissante pour mes ceps. Nous verrons si l'avenir me donnera raison ...
En fauchant mes chardons, j'avais l'esprit libre pour penser à des tas de choses. Je me suis à nouveau interrogé sur le rôle que pouvaient jouer ces chardons. Avaient ils une mission à accomplir dans mes vignes ? Cette "qualité" qu'ils possèdent de décompacter les sols n'est elle pas la raison pour lesquels ils ont poussé en si grand nombre ? Gérard Ducerf, dans son encyclopédie des plantes bio-indicatrices précise que les chardons poussent dans les sols compacts, en excès de matière organique. Les liserons, les chardons, par leur système racinaire développé jouent donc un rôle d'amélioration de la santé du sol. Est-ce que les chardons poussent ici dans l'aboutissement de ce "projet" ? Est-ce le sol qui a "convoqué" ces herbes, en privilégiant la levée de dormance de leurs graines, du fait de leurs qualités intrinsèques et du bénéfice qu'il pourra en tirer ? Est-ce que ces plantes intermédiaires, qui précèdent l'arrivée des vivaces dans le cycle de l'herbe ne seraient là où elles sont que pour corriger une carence avant de disparaître ? Ça a peut-être un côté ésotérique tout ça, mais après tout, la question peut être posée. Elle s'inspire des principes de collaboration dont font preuve certains éléments du vivant, dans le but de leur survie conjointe, ce que les scientifiques nomment le "mutualisme". Nous ne sommes qu'au début de l'analyse de l'étendue de ces phénomènes d'entraide entre les éléments du vivant, mais plus notre compréhension s'accroit, plus on en perçoit l'importance. Ces stratégies de "co-développement" entre les plantes et les insectes, entre les différents espèces du règle animal et du règne végétal, témoignent de la nécessité de penser le monde comme un tout, supérieur à la somme de ces parties et met en lumière l'importance capitale de la sauvegarde de la biodiversité, chaque élément du vivant étant intimement mêlé aux autres au sein des écosystèmes où ils évoluent.
Un exemple de mutualisme que j'ai pu observer aujourd'hui, pour illustrer cela, celui du "duo" constitué par les fourmis et les pucerons. Les fourmis sont friandes du miellat que les pucerons évacuent après s'être gorgés de la sève des plantes dont ils se nourrissent. Et là où il y a des pucerons, on est à peu près sûr de trouver des fourmis. En échange de cette nourriture, les fourmis défendent les pucerons de leurs prédateurs que sont les coccinelles, ou d'autres insectes, pollinisateurs pour certains.
J'ai vu pas mal de chardons, mais aussi de carottes sauvages recouverts de pucerons. Les pucerons, en prélevant la sève de ces adventices, limitent leur croissance et sont donc en quelque sorte l'allié du vigneron !
Les fourmis, par les fourmilières qu'elles creusent dans les sols, aux nombreuses galeries, sont après les lombrics, les organismes vivants qui participent le plus à leur aération ! Les insectes pollinisateurs, attirés par la nourriture que constituent les pucerons peuvent participer à l'amélioration de la pollinisation de la vigne, même si celle-ci n'a pas à priori besoin "d'aide extérieure" en la matière.
Mais voilà, sans "mauvaise herbe", pas de puceron. Et sans puceron, pas de fourmi , ni d'insecte pollinisateur... Alors si tout cela demande bien des efforts (ce que certains esprits chagrins qualifient pourtant de pratique "non interventionniste" !), je me dis que le jeu en vaut la chandelle. Et si je me laisse déborder par l'herbe, ou si je vois que sa concurrence est trop forte pour mes vignes, il me restera toujours la possibilité de labourer, même si cela est beaucoup plus compliqué une fois l'herbe installée. Qui vivra verra !
Les chardons méritent-ils d'ailleurs ce qualificatif de mauvaises herbes ? Les chardons ont un système racinaire très développé, constitué de racines traçantes et pivotantes, qui descendent très profond dans le sol et leur permettent de jouer par là un rôle de décompaction naturelle des terrains . J'ai du les faucher parce qu'ils commençaient à devenir hauts et leurs épines indélicates auraient fini par gêner le travail dans les vignes. Aussi, nombreux étaient ceux ayant atteint le stade bouton floraux et il me fallait quand même éviter qu'ils grainent à nouveau afin de contenir leur développement futur.
Outre les chardons, j'ai pas mal de liserons dans cette parcelle. Une plante au système racinaire également très développé et qui joue aussi un rôle de décompactage des sols. C'est une des plantes qui résistent aux premiers traitements herbicides de printemps. On voit en ce moment pas mal de vignerons conventionnels dans les vignes, la sulfateuse sur le dos, la lance à la main, appliqués à tenter de les éradiquer au roundup ou avec une autre saloperie dans le genre. Je suis fasciné de voir avec quelle obstination certains d'entre eux s'entêtent à obtenir un sol lunaire autour de leurs pieds de vigne... Peut on encore parler de terroir pour ces sols exempts de vie où plus rien ne pousse, à l'exception des ceps ? A leur décharge, je parcourais hier le mémo flore associé au guide technique de viticulture "durable" édité par la chambre d'agriculture régionale de Bourgogne , guide fort bien fait par ailleurs, mais qui témoigne qu'il reste encore du chemin à faire par certains aspects, je vous en laisse juge. Voici le texte d'introduction du "mémo flore"; "La vigne est une culture qui abrite un grand nombre de mauvaises herbes. Le vignoble bourguignon n'y échappe pas. ... pour maîtriser efficacement ces mauvaises herbes, il est nécessaire de les connaître et de les reconnaître à l'état de jeune plante et d'adulte." Et le guide de recenser pêle-mêle des vivaces, des annuelles, des plantes concurrentielles pour la vigne et d'autres beaucoup moins, des plantes qui disparaissent spontanément aux premières chaleurs, des plantes que les botanistes reconnaissent utiles à l'équilibre des sols ! Mais bien sûr, aucune indication de ce type n'est donnée dans ce guide. Juste le nom des plantes et deux photos, une au stade plantule,une autre au stade adulte ! Comment les viticulteurs, "armés" de ce mémo flore peuvent se poser la question de savoir si ils ne feraient pas mieux de laisser leur sulfateuse à l'atelier, lorsque ce n'est finalement "que" du seneçon, du lamier pourpre, du mouron des oiseaux, du muscari qui poussent dans leurs vignes, toutes ces plantes étant citées dans ce guide comme mauvaises herbes et donc préjudiciables au développement de la vigne !
La faucille à la main, et non la sulfateuse sur le dos, je suis aux premières loges pour observer la nature reprendre peu à peu ses droits dans mes vignes. Il faut toutefois que je sois vigilant à ne pas me faire déborder ! Et c'est là toute la subtilité de l'exercice, essayer de travailler avec la nature plutôt que contre elle, tout en étant conscient que nous sommes des cultivateurs, qui avons pour mission première d'accompagner la vigne dans son développement, en veillant à ce que son environnement ne lui soit pas nuisible.
L'usage des herbicides a été abandonné en 2008 aux Bachelards, à l'exception d'une parcelle de Moulin à Vent où ils furent arrêtés un an plus tôt. Nous sommes par conséquent encore à un stade intermédiaire du cycle naturel de l'herbe. Les vivaces commencent à s'installer, mais ce sont encore majoritairement des annuelles ou des bisannuelles qui poussent dans les vignes. L'an dernier, je suis partie tous azimuts sur l'ensemble des parcelles sur l'option labour. La suite logique du désherbage chimique... Mais cette année, ma réflexion évolue et j'ai décidé de ne pas agir de la sorte.
Au début du printemps, j'ai questionné des botanistes sur le très bon forum TelaBotanica quant à l'opportunité de laisser l'herbe qui se trouvait dans certaines de mes parcelles, un pâturin annuel s'y étant développé spontanément et y assurant un bon couvert végétal. Un botaniste, expert en plantes messicoles m'a invité à laisser le pâturin et à retarder, voire exclure, les labours de mes sols pour cette année. Le pâturin est en effet peu gourmand en eau et en azote. Il "brûle" de surcroit aux premières chaleurs, restituant ainsi au sol les éléments puisés au préalable. En séchant, il assure, l'été, un couvert végétal qui préserve l'humidité des sols . J'ai donc décidé de suivre son conseil et de ne pas labourer. Les premiers jours de printemps, j'ai fait le tour de mes vignes avec ma houe et ma pioche pour détruire d'autres adventices qui venaient s'intercaler dans ce tissu herbeux, mais moins "désirables" (des chardons majoritairement) . J'ai laissé toutefois partir un ray-grass méditerranéen, petit ray-grass annuel, faiblement montant, qui lui aussi n'est pas très gourmand en eau et en azote et ne pénalise donc pas le développement de mes vignes. Sa concurrence faible pourrait même lui être bénéfique, puisqu'on sait que plus les vignes sont vigoureuses, plus les attaques de mildiou sont fortes. On a donc tout intérêt, lorsqu'on est en bio, de part l'efficacité relative des traitements autorisés pour lutter contre ce pathogène, à tenir compte de cela dans ses pratiques culturales. A ce jour, je suis plutôt satisfait du résultat. Les vignes poussent sans trop accuser de retard de croissance par rapport à celles du vignoble et l'herbe n'est pas envahissante pour mes ceps. Nous verrons si l'avenir me donnera raison ...
En fauchant mes chardons, j'avais l'esprit libre pour penser à des tas de choses. Je me suis à nouveau interrogé sur le rôle que pouvaient jouer ces chardons. Avaient ils une mission à accomplir dans mes vignes ? Cette "qualité" qu'ils possèdent de décompacter les sols n'est elle pas la raison pour lesquels ils ont poussé en si grand nombre ? Gérard Ducerf, dans son encyclopédie des plantes bio-indicatrices précise que les chardons poussent dans les sols compacts, en excès de matière organique. Les liserons, les chardons, par leur système racinaire développé jouent donc un rôle d'amélioration de la santé du sol. Est-ce que les chardons poussent ici dans l'aboutissement de ce "projet" ? Est-ce le sol qui a "convoqué" ces herbes, en privilégiant la levée de dormance de leurs graines, du fait de leurs qualités intrinsèques et du bénéfice qu'il pourra en tirer ? Est-ce que ces plantes intermédiaires, qui précèdent l'arrivée des vivaces dans le cycle de l'herbe ne seraient là où elles sont que pour corriger une carence avant de disparaître ? Ça a peut-être un côté ésotérique tout ça, mais après tout, la question peut être posée. Elle s'inspire des principes de collaboration dont font preuve certains éléments du vivant, dans le but de leur survie conjointe, ce que les scientifiques nomment le "mutualisme". Nous ne sommes qu'au début de l'analyse de l'étendue de ces phénomènes d'entraide entre les éléments du vivant, mais plus notre compréhension s'accroit, plus on en perçoit l'importance. Ces stratégies de "co-développement" entre les plantes et les insectes, entre les différents espèces du règle animal et du règne végétal, témoignent de la nécessité de penser le monde comme un tout, supérieur à la somme de ces parties et met en lumière l'importance capitale de la sauvegarde de la biodiversité, chaque élément du vivant étant intimement mêlé aux autres au sein des écosystèmes où ils évoluent.
Un exemple de mutualisme que j'ai pu observer aujourd'hui, pour illustrer cela, celui du "duo" constitué par les fourmis et les pucerons. Les fourmis sont friandes du miellat que les pucerons évacuent après s'être gorgés de la sève des plantes dont ils se nourrissent. Et là où il y a des pucerons, on est à peu près sûr de trouver des fourmis. En échange de cette nourriture, les fourmis défendent les pucerons de leurs prédateurs que sont les coccinelles, ou d'autres insectes, pollinisateurs pour certains.
J'ai vu pas mal de chardons, mais aussi de carottes sauvages recouverts de pucerons. Les pucerons, en prélevant la sève de ces adventices, limitent leur croissance et sont donc en quelque sorte l'allié du vigneron !
Les fourmis, par les fourmilières qu'elles creusent dans les sols, aux nombreuses galeries, sont après les lombrics, les organismes vivants qui participent le plus à leur aération ! Les insectes pollinisateurs, attirés par la nourriture que constituent les pucerons peuvent participer à l'amélioration de la pollinisation de la vigne, même si celle-ci n'a pas à priori besoin "d'aide extérieure" en la matière.
Mais voilà, sans "mauvaise herbe", pas de puceron. Et sans puceron, pas de fourmi , ni d'insecte pollinisateur... Alors si tout cela demande bien des efforts (ce que certains esprits chagrins qualifient pourtant de pratique "non interventionniste" !), je me dis que le jeu en vaut la chandelle. Et si je me laisse déborder par l'herbe, ou si je vois que sa concurrence est trop forte pour mes vignes, il me restera toujours la possibilité de labourer, même si cela est beaucoup plus compliqué une fois l'herbe installée. Qui vivra verra !
vendredi 21 mai 2010
La fonction crée l'organe
Le ministère de l'agriculture vient de signer un arrêté autorisant l'essai en plein champ de vignes transgéniques,sur le site de l'INRA de Colmar. Ces vignes génétiquement modifiées présenteraient la faculté d'être résistantes au virus du court noué.
Une première autorisation avait été donnée en 2009, avant d'être annulée par le Tribunal Administratif de Strasbourg. Au cours du séminaire de l’Agence Nationale de la Recherche de novembre 2008 il avait été mis en évidence que l’essai n’obtenait pas les objectifs visés d’éradication du « court-noué ». l’INRA de Colmar reconnaissait la nécessité de travailler plus intensément sur les méthodes alternatives naturelles pour lutter contre cette maladie de la vigne.
Alors pourquoi cette nouvelle autorisation d'essai en plein champ ? Pour faire "avancer la recherche" ? qui sont ceux qui souhaitent faire avancer la recherche en la matière ? Les viticulteurs ? Je n'en suis pas sûr. L' opinion publique est largement défavorable aux OGM et les conséquences sur l'image du vin, déjà mal en point, risqueraient d'être désastreuses. Sans compter les risques de dissémination liés à ce type d'expérimentation. Alors pourquoi cet entêtement ? Parce que l'INRA est un institut de recherche et que la raison d'être d'un chercheur, c'est de chercher ? Parce que les OGM sont un sujet de recherche ardu, digne d'intérêt pour nos chercheurs, dont la réputation d'excellence n'est plus à faire et dont le rayonnement est international ?
En travaillant sur des techniques classiques d'hybridation, qui reproduisent en laboratoire des phénomènes naturels, les suisses ont obtenus des résultats intéressants et ont mis au point des cépages à la très haute résistance fongique et aux qualités organoleptiques suffisantes pour produire de bons vins. L'INRA a également engagé en 1974 un essai de ce type, mais préfère à priori s'engager sur la voie de la recherche transgénique.
Dans son ouvrage "Les maladies et les parasites de la vigne", Pierre Galet écrit à propos du court noué qu' "autrefois, chaque viticulteur prélevait ses bois de bouturage dans ses propres vignes ou dans celles de ses voisins immédiats. L'usage était de marquer les souches les plus belles, régulièrement productives. Cette sélection visuelle, malgré ses imperfections, permettaient d'éliminer les souches nettement malades et de constituer des vignes à peu près saines. Une fois la vigne établie, elle le restait pour longtemps et il n'était pas rare d'avoir des vignes très âgées, qui étaient encore en production. On maintenait donc un état sanitaire moyen. Enfin, quand la vigne était arrachée, on pratiquait le plus souvent un long repos du sol."
Mais que reste t-il de ce bon sens paysan ? Les viticulteurs se sont laissés embarquer par les techniciens et les scientifiques, dans une culture de production intensive, à grands renforts de produits phytos, et ont fini, du haut de leur tracteur, par rompre le lien que leurs aïeux entretenaient depuis toujours avec leur sol, avec leurs vignes, avec leur environnement. Ces scientifiques qui jadis faisaient la promotion des nématicides, et qui maintenant, devant la catastrophe environnementale engendrée par l'usage de ces produits, nous propose une alternative tout aussi séduisante, celle des OGM. Dans la tradition de la grande recherche française. La question des conséquences que peuvent avoir l'objet de ses recherches sur l'environnement et sur la santé viendra après. Une science tournée sur elle-même, en vase clos. Même lorsqu'elle s'exerce en plein champ.
Une première autorisation avait été donnée en 2009, avant d'être annulée par le Tribunal Administratif de Strasbourg. Au cours du séminaire de l’Agence Nationale de la Recherche de novembre 2008 il avait été mis en évidence que l’essai n’obtenait pas les objectifs visés d’éradication du « court-noué ». l’INRA de Colmar reconnaissait la nécessité de travailler plus intensément sur les méthodes alternatives naturelles pour lutter contre cette maladie de la vigne.
Alors pourquoi cette nouvelle autorisation d'essai en plein champ ? Pour faire "avancer la recherche" ? qui sont ceux qui souhaitent faire avancer la recherche en la matière ? Les viticulteurs ? Je n'en suis pas sûr. L' opinion publique est largement défavorable aux OGM et les conséquences sur l'image du vin, déjà mal en point, risqueraient d'être désastreuses. Sans compter les risques de dissémination liés à ce type d'expérimentation. Alors pourquoi cet entêtement ? Parce que l'INRA est un institut de recherche et que la raison d'être d'un chercheur, c'est de chercher ? Parce que les OGM sont un sujet de recherche ardu, digne d'intérêt pour nos chercheurs, dont la réputation d'excellence n'est plus à faire et dont le rayonnement est international ?
En travaillant sur des techniques classiques d'hybridation, qui reproduisent en laboratoire des phénomènes naturels, les suisses ont obtenus des résultats intéressants et ont mis au point des cépages à la très haute résistance fongique et aux qualités organoleptiques suffisantes pour produire de bons vins. L'INRA a également engagé en 1974 un essai de ce type, mais préfère à priori s'engager sur la voie de la recherche transgénique.
Dans son ouvrage "Les maladies et les parasites de la vigne", Pierre Galet écrit à propos du court noué qu' "autrefois, chaque viticulteur prélevait ses bois de bouturage dans ses propres vignes ou dans celles de ses voisins immédiats. L'usage était de marquer les souches les plus belles, régulièrement productives. Cette sélection visuelle, malgré ses imperfections, permettaient d'éliminer les souches nettement malades et de constituer des vignes à peu près saines. Une fois la vigne établie, elle le restait pour longtemps et il n'était pas rare d'avoir des vignes très âgées, qui étaient encore en production. On maintenait donc un état sanitaire moyen. Enfin, quand la vigne était arrachée, on pratiquait le plus souvent un long repos du sol."
Mais que reste t-il de ce bon sens paysan ? Les viticulteurs se sont laissés embarquer par les techniciens et les scientifiques, dans une culture de production intensive, à grands renforts de produits phytos, et ont fini, du haut de leur tracteur, par rompre le lien que leurs aïeux entretenaient depuis toujours avec leur sol, avec leurs vignes, avec leur environnement. Ces scientifiques qui jadis faisaient la promotion des nématicides, et qui maintenant, devant la catastrophe environnementale engendrée par l'usage de ces produits, nous propose une alternative tout aussi séduisante, celle des OGM. Dans la tradition de la grande recherche française. La question des conséquences que peuvent avoir l'objet de ses recherches sur l'environnement et sur la santé viendra après. Une science tournée sur elle-même, en vase clos. Même lorsqu'elle s'exerce en plein champ.
mercredi 19 mai 2010
Vivent les organismes génitoirement modifiés
Pourquoi en veut on à ce point aux hamsters ? Des scientifiques russes se sont livrés à des expériences sur des hamsters d'un autre âge (l'expérience, pas les hamsters). Ils les ont alimentés avec du soja transgénique pour voir quel effet cela aurait sur leur santé. Le résultat ? Les hamsters sont devenus stériles à la troisième génération. Et après ? L'étude ne le dit pas. Faut dire, manger du soja tous les jours, y'a de quoi faire une grosse déprime et avoir la libido en berne. Regardez d'ailleurs les chinois qui en sont les plus grands consommateurs, ils rient jaunes. (Qu'est-ce qu'on marre. ) C'est peut-être pour eux d'ailleurs qu'on a inventé le soja transgénique. Pour sortir de cette triste politique de l'enfant unique, instituée par le gouvernement chinois dans les années 80. Avec le soja transgénique, s'en est définitivement fini de cette loi scélérate ! (C'est les hamsters, ici, mais c'est pareil.) Les chinois pourront enfin avoir une sexualité épanouie et n'auront plus cette épée de Damoclès au dessus de leurs têtes lors de leurs rapports sexuels.
A propos de sexualité épanouie, j'ai entendu à la télé avant hier un autre truc très intéressant. Les poissons de la Seine se féminiseraient et pas seulement à hauteur du bois de Boulogne. La raison ? La pilule contraceptive. Les molécules qu'elles contiennent restent présentes dans l'urine des femmes et malgré le retraitement des eaux, on les retrouve dans la Seine, où elles agissent sur le système reproductif des poissons, les menaçant simplement de disparation. Mais qu'est-ce qu'on va faire nous sans hamster, sans chinois, sans poisson et sans abeilles parce qu'il parait que chez elles, ça va pas super super fort non plus ? Heureusement que les lapins continuent de pondre dans mes vignes, parce que sinon, je crois que tout ça commencerait vraiment à m'inquiéter.
A propos de sexualité épanouie, j'ai entendu à la télé avant hier un autre truc très intéressant. Les poissons de la Seine se féminiseraient et pas seulement à hauteur du bois de Boulogne. La raison ? La pilule contraceptive. Les molécules qu'elles contiennent restent présentes dans l'urine des femmes et malgré le retraitement des eaux, on les retrouve dans la Seine, où elles agissent sur le système reproductif des poissons, les menaçant simplement de disparation. Mais qu'est-ce qu'on va faire nous sans hamster, sans chinois, sans poisson et sans abeilles parce qu'il parait que chez elles, ça va pas super super fort non plus ? Heureusement que les lapins continuent de pondre dans mes vignes, parce que sinon, je crois que tout ça commencerait vraiment à m'inquiéter.
samedi 15 mai 2010
Et les shadoks pompaient
Y'en a marre !!! C'est vrai, quoi ! Merde à la fin !!!
J'avais envie de pousser un coup de gueule. ( Ça se fait beaucoup sur les blogs, alors bon. )
Contre quoi ? Je ne me souviens plus.
Ah si, ça me revient. J'ai appris que les instances dirigeantes du Beaujolais viticole (les ODG? l'INAO? l'interprofession? l'union viticole du Beaujolais ? J'y comprends rien à tous ces machins) s'interrogeaient sur l'opportunité de relever les rendements de production autorisés à l'hectare pour la prochaine campagne. De 52 aujourd'hui, à 58 hectolitres de vin à l' hectare.
Raison invoquée ? La baisse du coût de production. Ben oui qu'on est con. Plus tu fais de vin à l'hectare, plus tu diminues ton prix de revient au litre, c'est logique. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? Que je me souvienne de l'étude faite par la chambre d'agriculture; le "prix d'équilibre" pour les crus du Beaujolais s'élève aujourd'hui à 200 euros l'hectolitre, et 180 pour les Beaujolais. ( Ils font des trucs supers à la chambre d'agriculture du Rhône. Comme ça, quand tu démarres comme moi, tu sais où tu mets les pieds). Avec l'augmentation du rendement, cela devrait permettre aux viticulteurs de diminuer sensiblement leur prix d'équilibre. Ça fait quand même plaisir de voir que nos dirigeants se creusent la tête pour trouver des solutions qui devraient nous permettre de sortir de la crise.
Maintenant, quand tu sais que certains viticulteurs n'ont toujours pas vendu leur récolte 2008 au négoce, que la consommation de vin du Beaujolais est orientée à la baisse, que les négociants ont acheté le millésime 2009 moins cher que le 2008 ( tout en clamant que le 2009 est le meilleur millésime que le Beaujolais ait produit depuis plus de cinquante ans), qu'en matière viticole, quantité rime rarement avec qualité, et que, last but not least, les viticulteurs bios du Beaujolais sont incapables de produire plus de 35 hectolitres de vin hectare en moyenne, tu te dis qu'on fait bien de penser ce qu'on pense.
Alors, merde quoi. C'est vrai, à la fin, quoi.
J'avais envie de pousser un coup de gueule. ( Ça se fait beaucoup sur les blogs, alors bon. )
Contre quoi ? Je ne me souviens plus.
Ah si, ça me revient. J'ai appris que les instances dirigeantes du Beaujolais viticole (les ODG? l'INAO? l'interprofession? l'union viticole du Beaujolais ? J'y comprends rien à tous ces machins) s'interrogeaient sur l'opportunité de relever les rendements de production autorisés à l'hectare pour la prochaine campagne. De 52 aujourd'hui, à 58 hectolitres de vin à l' hectare.
Raison invoquée ? La baisse du coût de production. Ben oui qu'on est con. Plus tu fais de vin à l'hectare, plus tu diminues ton prix de revient au litre, c'est logique. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? Que je me souvienne de l'étude faite par la chambre d'agriculture; le "prix d'équilibre" pour les crus du Beaujolais s'élève aujourd'hui à 200 euros l'hectolitre, et 180 pour les Beaujolais. ( Ils font des trucs supers à la chambre d'agriculture du Rhône. Comme ça, quand tu démarres comme moi, tu sais où tu mets les pieds). Avec l'augmentation du rendement, cela devrait permettre aux viticulteurs de diminuer sensiblement leur prix d'équilibre. Ça fait quand même plaisir de voir que nos dirigeants se creusent la tête pour trouver des solutions qui devraient nous permettre de sortir de la crise.
Maintenant, quand tu sais que certains viticulteurs n'ont toujours pas vendu leur récolte 2008 au négoce, que la consommation de vin du Beaujolais est orientée à la baisse, que les négociants ont acheté le millésime 2009 moins cher que le 2008 ( tout en clamant que le 2009 est le meilleur millésime que le Beaujolais ait produit depuis plus de cinquante ans), qu'en matière viticole, quantité rime rarement avec qualité, et que, last but not least, les viticulteurs bios du Beaujolais sont incapables de produire plus de 35 hectolitres de vin hectare en moyenne, tu te dis qu'on fait bien de penser ce qu'on pense.
Alors, merde quoi. C'est vrai, à la fin, quoi.
vendredi 14 mai 2010
Un rein, un rein, deux raisons de boire du vin
Même si sa fréquentation doit en pâtir, aujourd'hui, foin de bistouquette sur ce blog. Pour les hypertrophiés de l'hypothalamus, il y a des sites spécialisés pour ça. Ici, c'est de viticulture et de nature qu'on parle. Alors, pour ceux que cela intéresse, je voulais vous parler aujourd'hui du rouge queue noir.
Le rouge queue noir est un petit oiseau, peu farouche et très présent dans le Beaujolais, qui m'accompagne souvent dans les vignes. Sa queue est aussi rouge que sa robe est noire. Un joli contraste, que je n'avais pu observer qu'une seule fois jusqu'ici, à Pigalle, où ma femme habitait lorsque nous nous sommes rencontrés, alors qu'un travesti avait décidé de soulager une envie pressante sur le trottoir où je marchais.
Je ne connaissais pas le rouge queue noir avant d'arriver à Fleurie. Sa zone d'habitat ne doit pas s'étendre jusqu'aux forêts de l'Oise. Un peu comme les ours qui vivent surtout dans les zoos, ou les pauvres, dans les HLM.
En parlant de pauvres, savez vous qu'ils participent au développement du biomarché ? J'ai entendu ça à la radio. On entend souvent dire que le bio est cher, qu'il est réservé à un public aisé. Alors de savoir que les pauvres participent au développement du biomarché, je trouve ça plutôt réjouissant.
Le biomarché, c'est le commerce des organes, en fait. On estime aujourd'hui qu'une greffe de rein sur dix est réalisée à partir d'un rein acheté à un pauvre. Buvez, éliminez, qu'ils disaient les publicitaires de chez Vittel. Ils croyaient pas si bien dire. On vit vraiment une époque formidable. J'espère que je serais pas obligé d'en arriver là un jour. Ça doit faire drôle d'avoir le rein de quelqu'un d'autre. Surtout de quelqu'un qui mange pas bio, ça doit pas être très bon pour la santé.
Le rouge queue noir est un petit oiseau, peu farouche et très présent dans le Beaujolais, qui m'accompagne souvent dans les vignes. Sa queue est aussi rouge que sa robe est noire. Un joli contraste, que je n'avais pu observer qu'une seule fois jusqu'ici, à Pigalle, où ma femme habitait lorsque nous nous sommes rencontrés, alors qu'un travesti avait décidé de soulager une envie pressante sur le trottoir où je marchais.
Je ne connaissais pas le rouge queue noir avant d'arriver à Fleurie. Sa zone d'habitat ne doit pas s'étendre jusqu'aux forêts de l'Oise. Un peu comme les ours qui vivent surtout dans les zoos, ou les pauvres, dans les HLM.
En parlant de pauvres, savez vous qu'ils participent au développement du biomarché ? J'ai entendu ça à la radio. On entend souvent dire que le bio est cher, qu'il est réservé à un public aisé. Alors de savoir que les pauvres participent au développement du biomarché, je trouve ça plutôt réjouissant.
Le biomarché, c'est le commerce des organes, en fait. On estime aujourd'hui qu'une greffe de rein sur dix est réalisée à partir d'un rein acheté à un pauvre. Buvez, éliminez, qu'ils disaient les publicitaires de chez Vittel. Ils croyaient pas si bien dire. On vit vraiment une époque formidable. J'espère que je serais pas obligé d'en arriver là un jour. Ça doit faire drôle d'avoir le rein de quelqu'un d'autre. Surtout de quelqu'un qui mange pas bio, ça doit pas être très bon pour la santé.
mercredi 12 mai 2010
Trucs et astuces pour accéder à mon blog
Hier, à la lecture de mes statistiques de visite, j'ai constaté qu'un internaute avait été dirigé sur mon blog après avoir tapé sur Google "superbe bite" (??), comme vous pouvez le constater sur l'image écran ci-dessous.
Est-ce toi Loana du 95 qui cherche à nouveau à entrer en contact avec moi ? Ou toi, Prescillia du 78 ? Que d'années ont passé depuis nos échanges sur 3615NOUSNOUSAIMERONS. Que de moments heureux, chère Cyndi du 45, nous avons passé ensemble. Comme tu irradiais de bonheur à chacune de notre rencontre, sur le parking de Carrefour, chère Marylin du 38 !
Mais cette époque est révolue. Je préfère te le dire tout de suite. Mon cœur n'est plus à prendre, même si ce n'est manifestement pas la partie de mon anatomie dont tu as gardé le souvenir le plus vif. A ce sujet, sans vouloir te faire de la peine, je crois que le temps semble avoir altérer l'acuité de ton jugement.
Je dois toutefois te faire une confidence. J'ai été flatté de l'acharnement que tu as mis à me retrouver. J'ai tapé "superbe bite" sur Google pour voir à quelle position mon blog apparaissait dans la liste des résultats renvoyés par le moteur de recherche. La 123722ième page. Que de textes as du tu lire, que de pages as du tu visualiser avant d'arriver sur mon blog et me retrouver ! Me cherches-tu depuis la création d'internet ?
Je mesure la vivacité de tes sentiments à mon égard et j'en suis touché. Mais aussi peiné pour toi, de voir, qu'après toutes ces années, tu n'as pas su m'oublier, chère Virginie du 44. C'est la vie, tu sais. Je me souviens de ta grandeur d'âme et des échanges enflammés que nous avions sur la littérature russe. Je suis sûr que tu finiras par trouver l'âme sœur.
Mais une question ? Pourquoi n'avoir pas saisi tout simplement "lilian bauchet" dans google pour me retrouver ? ou "lilian superbe bite" si tu préfères. Mon blog est présenté juste après celui de Lilian Thuram avec cette requête. C'eut été plus simple, tout de même. Mais c'est vrai, j'oubliais. Tu ne me connaissais que sous le pseudo de Flash Gordon.
Te souviens-tu de ma passion pour la vodka orange ? Ça y est ! j'ai franchi le pas ! Je suis vigneron maintenant ! Sauf que je ne fais pas de vodka orange, mais du vin. Ne sois pas déçue. Tu sais, le vin, c'est bien aussi. Mais je te parle, je te parle. Sans doute, as-tu plein de choses à me dire maintenant que nous nous sommes retrouvés, chère Marilou du 75. Alors, laisse moi vite un commentaire ! Dis-moi quel livre tu lis en ce moment ? A quel concert es-tu allé dernièrement? Travailles-tu toujours chez Jean-Lou David ? J'ai hâte de te lire ! Je t'embrasse tendrement et vive Internet !!
Ton flash Gordon, du 69.
PS : tu peux aussi passer par le site chateauloisel.com pour accéder à mon blog et à plein d'autres superbes blogs de vignerons !
Est-ce toi Loana du 95 qui cherche à nouveau à entrer en contact avec moi ? Ou toi, Prescillia du 78 ? Que d'années ont passé depuis nos échanges sur 3615NOUSNOUSAIMERONS. Que de moments heureux, chère Cyndi du 45, nous avons passé ensemble. Comme tu irradiais de bonheur à chacune de notre rencontre, sur le parking de Carrefour, chère Marylin du 38 !
Mais cette époque est révolue. Je préfère te le dire tout de suite. Mon cœur n'est plus à prendre, même si ce n'est manifestement pas la partie de mon anatomie dont tu as gardé le souvenir le plus vif. A ce sujet, sans vouloir te faire de la peine, je crois que le temps semble avoir altérer l'acuité de ton jugement.
Je dois toutefois te faire une confidence. J'ai été flatté de l'acharnement que tu as mis à me retrouver. J'ai tapé "superbe bite" sur Google pour voir à quelle position mon blog apparaissait dans la liste des résultats renvoyés par le moteur de recherche. La 123722ième page. Que de textes as du tu lire, que de pages as du tu visualiser avant d'arriver sur mon blog et me retrouver ! Me cherches-tu depuis la création d'internet ?
Je mesure la vivacité de tes sentiments à mon égard et j'en suis touché. Mais aussi peiné pour toi, de voir, qu'après toutes ces années, tu n'as pas su m'oublier, chère Virginie du 44. C'est la vie, tu sais. Je me souviens de ta grandeur d'âme et des échanges enflammés que nous avions sur la littérature russe. Je suis sûr que tu finiras par trouver l'âme sœur.
Mais une question ? Pourquoi n'avoir pas saisi tout simplement "lilian bauchet" dans google pour me retrouver ? ou "lilian superbe bite" si tu préfères. Mon blog est présenté juste après celui de Lilian Thuram avec cette requête. C'eut été plus simple, tout de même. Mais c'est vrai, j'oubliais. Tu ne me connaissais que sous le pseudo de Flash Gordon.
Te souviens-tu de ma passion pour la vodka orange ? Ça y est ! j'ai franchi le pas ! Je suis vigneron maintenant ! Sauf que je ne fais pas de vodka orange, mais du vin. Ne sois pas déçue. Tu sais, le vin, c'est bien aussi. Mais je te parle, je te parle. Sans doute, as-tu plein de choses à me dire maintenant que nous nous sommes retrouvés, chère Marilou du 75. Alors, laisse moi vite un commentaire ! Dis-moi quel livre tu lis en ce moment ? A quel concert es-tu allé dernièrement? Travailles-tu toujours chez Jean-Lou David ? J'ai hâte de te lire ! Je t'embrasse tendrement et vive Internet !!
Ton flash Gordon, du 69.
PS : tu peux aussi passer par le site chateauloisel.com pour accéder à mon blog et à plein d'autres superbes blogs de vignerons !
lundi 10 mai 2010
Un temps de chien
On dit des chiens qu'ils ne leur manquent que la parole. L'antithèse des femmes, en quelque sorte. C'est vrai que le chien est un super compagnon pour l'homme. La femme, aussi, je dis pas, mais c'est pas pareil. Ça a pas la même utilité.
Hier, notre chien Charlie s'est fait la belle. J'ai couru la campagne comme un chien fou pour le retrouver mais en vain. Qu'est-ce que je vais faire, sans Charlie, dans mes vignes. J'ai plus qu'à vendre mon frisbee.
Ce matin, je me suis résigné à signaler sa disparition à la clinique vétérinaire du village et à la SPA. Si ma femme disparait un jour, je le signalerais à mon psy et au MLF, la SPA des femmes. On a pas très bien dormi d'ailleurs, ma femme et moi, parce qu'on l'aime bien notre Charlie, et qu'on s'inquiétait. Si quelqu'un le retrouve, comment Charlie va pouvoir dire où il habite ? En plus, c'est un mâle, donc aucune chance.
En fin de matinée, une dame du village m'a appelé pour me dire qu'il était chez elle. Elle avait d'abord appelé le vétérinaire qui lui avait transmis mon numéro. Une dame charmante, qui n'a pas arrêté de me répéter, quand je suis allé le récupérer, que Charlie était un gentil chien. C'est vrai qu'il est gentil mon chien. Un peu fugueur, mais gentil.
Chez elle, il y avait un poulailler. Je me demande si je ne devrais pas reprendre des poules pour remplacer celles que le renard est venu chercher. Peut-être que Charlie s'ennuie sans poules ? C'est peut-être pour ça qu'il s'est sauvé ? Enfin, le principal, c'est qu'on l'ait retrouvé. Ça faisait drôle de voir le panier du chien vide à côté du panier à linge plein.
Sinon, aujourd'hui il a grêlé. Par chance, sans conséquence. Météo France annonce des orages toute la semaine. Espérons que tout se passera bien. Je crois que j'ai pas fini de stresser avant les vendanges... Heureusement que ma femme et mon chien sont là pour me réconforter.
Hier, notre chien Charlie s'est fait la belle. J'ai couru la campagne comme un chien fou pour le retrouver mais en vain. Qu'est-ce que je vais faire, sans Charlie, dans mes vignes. J'ai plus qu'à vendre mon frisbee.
Ce matin, je me suis résigné à signaler sa disparition à la clinique vétérinaire du village et à la SPA. Si ma femme disparait un jour, je le signalerais à mon psy et au MLF, la SPA des femmes. On a pas très bien dormi d'ailleurs, ma femme et moi, parce qu'on l'aime bien notre Charlie, et qu'on s'inquiétait. Si quelqu'un le retrouve, comment Charlie va pouvoir dire où il habite ? En plus, c'est un mâle, donc aucune chance.
En fin de matinée, une dame du village m'a appelé pour me dire qu'il était chez elle. Elle avait d'abord appelé le vétérinaire qui lui avait transmis mon numéro. Une dame charmante, qui n'a pas arrêté de me répéter, quand je suis allé le récupérer, que Charlie était un gentil chien. C'est vrai qu'il est gentil mon chien. Un peu fugueur, mais gentil.
Chez elle, il y avait un poulailler. Je me demande si je ne devrais pas reprendre des poules pour remplacer celles que le renard est venu chercher. Peut-être que Charlie s'ennuie sans poules ? C'est peut-être pour ça qu'il s'est sauvé ? Enfin, le principal, c'est qu'on l'ait retrouvé. Ça faisait drôle de voir le panier du chien vide à côté du panier à linge plein.
Sinon, aujourd'hui il a grêlé. Par chance, sans conséquence. Météo France annonce des orages toute la semaine. Espérons que tout se passera bien. Je crois que j'ai pas fini de stresser avant les vendanges... Heureusement que ma femme et mon chien sont là pour me réconforter.
vendredi 7 mai 2010
La complainte du mildiou
Ce matin, je me suis levé très tôt. Vers neuf heures. Ma femme était partie travailler et avait emmené les enfants à l'école. La maison résonnait encore du silence assourdissant de la nuit. (C'est beau hein. Ça veut rien dire mais c'est beau). En ouvrant les volets de ma chambre, j'ai été aveuglé par la lumière du jour naissant.
Mais la nature aussi se réveille en ce jour !
Au doux soleil de mai nous la voyons renaître ;
Les oiseaux de Vénus autour de ma fenêtre
Du plus chéri des mois proclament le retour !
Guidez mes premiers pas dans nos vertes campagnes !
Conduis-moi, chère Elvire, et soutiens ton amant :
Je veux voir le soleil s'élever lentement,
Précipiter son char du haut de nos montagnes,
Jusqu'à l'heure où dans l'onde il ira s'engloutir,
Et cédera les airs au nocturne zéphyr !
Viens ! Que crains-tu pour moi ? Le ciel est sans nuage !
Ce plus beau de nos jours passera sans orage ;
Et c'est l'heure où déjà sur les gazons en fleurs
Dorment près des troupeaux les paisibles pasteurs !
Mais bien sûr ! Lamartine avait raison ! Il faut profiter de cette belle journée pour sauter sur le tracteur et traiter !
Ô Mildiou !
Ô Oïdium !
Oh nom de diou !
Venez que j'vous assome !
( C'est pas mal hein ! C'est pas du Lamartine, mais ça se tient non ? )
Ô tracteur !
Aux roues bien gonflées !
Mais pas trop !
Attends, j'bois mon café !
Allez ! Y faut y'aller !
Au boulot !
Ô Mildiou !
Ô Oïdium !
Oh vin diou !
Venez que j'vous dégomme !
Ô Soufre ! Ô Cuivre ! Ô Mes amis !
De la confiture ! Sur du pain de mie !
Et du beurre ! Cher Elle & Vire !
Ah ! Ces moments exaltés !
Ah, c'est l'heur d'y aller
Ma mie
Mais avant qu'éclate son ire
Tu vois de qui ?
Faut faire le lit !
Que n'ai-je réglé ma pulvé ?
Allez ! Un coup d'éponge sur la table
Et, je m'en vais, l'atteler,
à l'étable !
Ô Mildiou !
Ô Oïdium !
Oh cré de diou !
Avant que midi sonne
Venez que j'vous empoisonne !
Mais la nature aussi se réveille en ce jour !
Au doux soleil de mai nous la voyons renaître ;
Les oiseaux de Vénus autour de ma fenêtre
Du plus chéri des mois proclament le retour !
Guidez mes premiers pas dans nos vertes campagnes !
Conduis-moi, chère Elvire, et soutiens ton amant :
Je veux voir le soleil s'élever lentement,
Précipiter son char du haut de nos montagnes,
Jusqu'à l'heure où dans l'onde il ira s'engloutir,
Et cédera les airs au nocturne zéphyr !
Viens ! Que crains-tu pour moi ? Le ciel est sans nuage !
Ce plus beau de nos jours passera sans orage ;
Et c'est l'heure où déjà sur les gazons en fleurs
Dorment près des troupeaux les paisibles pasteurs !
Mais bien sûr ! Lamartine avait raison ! Il faut profiter de cette belle journée pour sauter sur le tracteur et traiter !
Ô Mildiou !
Ô Oïdium !
Oh nom de diou !
Venez que j'vous assome !
( C'est pas mal hein ! C'est pas du Lamartine, mais ça se tient non ? )
Ô tracteur !
Aux roues bien gonflées !
Mais pas trop !
Attends, j'bois mon café !
Allez ! Y faut y'aller !
Au boulot !
Ô Mildiou !
Ô Oïdium !
Oh vin diou !
Venez que j'vous dégomme !
Ô Soufre ! Ô Cuivre ! Ô Mes amis !
De la confiture ! Sur du pain de mie !
Et du beurre ! Cher Elle & Vire !
Ah ! Ces moments exaltés !
Ah, c'est l'heur d'y aller
Ma mie
Mais avant qu'éclate son ire
Tu vois de qui ?
Faut faire le lit !
Que n'ai-je réglé ma pulvé ?
Allez ! Un coup d'éponge sur la table
Et, je m'en vais, l'atteler,
à l'étable !
Ô Mildiou !
Ô Oïdium !
Oh cré de diou !
Avant que midi sonne
Venez que j'vous empoisonne !
mercredi 5 mai 2010
De gré ou de force
Y'a plus de saison, ma pauvre dame. La semaine dernière, il faisait une chaleur à se promener en slip et en marcel dans les vignes (je suis de la vieille école, je mets pas de caleçon. En fait, c'est ma mère qui m'achète mes sous-vêtements.). Puis cette semaine, d'un coup d'un seul, on se croirait revenu en hiver. 4 degrés Celsius ce matin. (pour mes nombreux lecteurs américains, il vous suffit de prendre la température du jour en degrés Celsius que l'on divise par 5/9, à laquelle on ajoute 32 pour obtenir le degré Farenheit.) Hier matin, j'ai ressorti les gants pour aller bosser dans les vignes. Et il ne faudrait pas que les températures continuent de descendre sinon je sais pas avec quoi on va faire du vin cette année. Sauf si on obtient une dérogation pour gagner 13° (d'alcool) à la chaptalisation.
Aujourd'hui, rebelote. Temps affreux. Awful time. Le matin, j'ai eu la visite de mon contrôleur Ecocert. On est bien sorti dix minutes pour faire le tour des vignes devant la maison, mais on a quand même réussi à rester la matinée tous les deux tranquillement à l'abri à l'intérieur à remplir deux trois papiers, à éplucher mes factures, à boire un café, à papoter sur le développement de la bio. J'ai un énorme scoop d'ailleurs à vous donner. Tenez vous bien, à la Romanée Conti (qui fait partie des trois quatre grands domaines avec les Bachelards qu'il contrôle), y'avait même pas une prise électrique aux normes, avec prise de terre, pour y brancher son ordinateur ! Alors que chez moi, si ! Qui a dit que dans le Beaujolais, on savait pas faire dans la qualité. Qu'ils se mettent aux normes électriques les bourguignons et après on verra si on prend cinq minutes pour déguster leurs vins.
L'après midi, dix de der. Temps horrible. Horrible time. Et bien je me suis rappelé que j'avais à remplir le dossier de la PAC pour obtenir les aides à la conversion bio. 350 euros par hectare par an pendant cinq ans. C'est toujours bon à prendre aux contribuables que vous êtes. Depuis cette année, les déclarations peuvent se faire en ligne. Un gros serveur pour remplacer une escouade de fonctionnaires partis en retraite. J'entends souvent des critiques sur le montant des aides accordées aux agriculteurs dans le cadre de la politique agricole commune. Et bien laissez moi vous dire que je ne les partage pas. Rien que pour remplir mon dossier en ligne, et répertorier, à l'aide (le terme est-il bien choisi?) de l'outil de cartographie, mes sept hectares de vigne, il m'a fallu cinq heures. Sessions expirées, actions annulées, temps de connexion dépassés, enfants frappés (c'est mercredi), ordinateur broyé, fonctionnaires conspués, informaticiens détestés. Cinq heures de combat dont je suis finalement sorti vainqueur. Moi outragé. Moi martyrisé. Mais moi libéré. Enfin j'espère. Imaginez le calvaire pour le céréalier de base et ses trois cents hectares. Mais il lui faut embaucher une personne à plein temps pendant trois mois pour remplir son dossier. Et sans les aides, comment il ferait pour s'en sortir ? Je vous pose la question.
Aujourd'hui, rebelote. Temps affreux. Awful time. Le matin, j'ai eu la visite de mon contrôleur Ecocert. On est bien sorti dix minutes pour faire le tour des vignes devant la maison, mais on a quand même réussi à rester la matinée tous les deux tranquillement à l'abri à l'intérieur à remplir deux trois papiers, à éplucher mes factures, à boire un café, à papoter sur le développement de la bio. J'ai un énorme scoop d'ailleurs à vous donner. Tenez vous bien, à la Romanée Conti (qui fait partie des trois quatre grands domaines avec les Bachelards qu'il contrôle), y'avait même pas une prise électrique aux normes, avec prise de terre, pour y brancher son ordinateur ! Alors que chez moi, si ! Qui a dit que dans le Beaujolais, on savait pas faire dans la qualité. Qu'ils se mettent aux normes électriques les bourguignons et après on verra si on prend cinq minutes pour déguster leurs vins.
L'après midi, dix de der. Temps horrible. Horrible time. Et bien je me suis rappelé que j'avais à remplir le dossier de la PAC pour obtenir les aides à la conversion bio. 350 euros par hectare par an pendant cinq ans. C'est toujours bon à prendre aux contribuables que vous êtes. Depuis cette année, les déclarations peuvent se faire en ligne. Un gros serveur pour remplacer une escouade de fonctionnaires partis en retraite. J'entends souvent des critiques sur le montant des aides accordées aux agriculteurs dans le cadre de la politique agricole commune. Et bien laissez moi vous dire que je ne les partage pas. Rien que pour remplir mon dossier en ligne, et répertorier, à l'aide (le terme est-il bien choisi?) de l'outil de cartographie, mes sept hectares de vigne, il m'a fallu cinq heures. Sessions expirées, actions annulées, temps de connexion dépassés, enfants frappés (c'est mercredi), ordinateur broyé, fonctionnaires conspués, informaticiens détestés. Cinq heures de combat dont je suis finalement sorti vainqueur. Moi outragé. Moi martyrisé. Mais moi libéré. Enfin j'espère. Imaginez le calvaire pour le céréalier de base et ses trois cents hectares. Mais il lui faut embaucher une personne à plein temps pendant trois mois pour remplir son dossier. Et sans les aides, comment il ferait pour s'en sortir ? Je vous pose la question.
dimanche 2 mai 2010
La phyt'attitude
Je suis bio, alors la biodiversité, je suis pour. Mais bon, y'a des limites quand même. Les chardons par exemple. C'est sympa les chardons. C'est joli quand c'est en fleurs. Le problème, c'est qu'ils commencent à envahir une de mes parcelles et je sais pas trop comment m'en débarrasser. J'ai beau les dégager à la houe, trois jours plus tard, ils repointent le bout de leur nez. Que faire ? Il y a bien les herbicides. Mais je ne sais pas si mon contrôleur Ecocert va être d'accord. En même temps, que vont devenir les chimistes quand tous les agriculteurs seront en bio ? Peut on revendiquer le droit à la biodiversité et participer à l'extinction d'une industrie qui fait vivre des millions de gens à travers le monde ? Et les centrales d'épuration des eaux ? Vous savez combien ça coute une centrale d'épuration ? On ne peut pas abandonner tout ça comme ça du jour au lendemain. Y'a déjà assez de chômeurs comme ça. Sans compter que l'agriculture conventionnelle fait aussi avancer la recherche médicale. Les agriculteurs représentent une clientèle importante pour les cancérologues et les neurologues. Il ne faudrait pas les priver de cette population qui leur permet de faire avancer la recherche.
J'ai trouvé cette info sur les phrases de risques des produits chimiques sur le site de la chambre d'agriculture de ma région, en bas du bulletin sanitaire hebdomadaire que la chambre met à la disposition des viticulteurs du Beaujolais. Je le dis pour ceux qui ne le sauraient pas, le gars en tenue verte et avec des gants, c'est pas un cancérologue qui sort du bloc. C'est juste un mec cool, qui a la phyt'attitude, et qui préfère appliquer le principe des "preuves insuffisantes" au principe de précaution.
A part ça, la nuit dernière, un renard est venu dans mon poulailler et en est reparti avec cinq de mes poules. Qu'est-ce qu'elles lui ont fait mes poules pour qu'il s'en prenne à elles comme ça ? Il n'a laissé qu'une poule et le coq. Sans doute pour qu'ils puissent se reproduire. Parce que je suppose que le renard, comme tout le monde, il est quand même pour la biodiversité.
J'ai trouvé cette info sur les phrases de risques des produits chimiques sur le site de la chambre d'agriculture de ma région, en bas du bulletin sanitaire hebdomadaire que la chambre met à la disposition des viticulteurs du Beaujolais. Je le dis pour ceux qui ne le sauraient pas, le gars en tenue verte et avec des gants, c'est pas un cancérologue qui sort du bloc. C'est juste un mec cool, qui a la phyt'attitude, et qui préfère appliquer le principe des "preuves insuffisantes" au principe de précaution.
A part ça, la nuit dernière, un renard est venu dans mon poulailler et en est reparti avec cinq de mes poules. Qu'est-ce qu'elles lui ont fait mes poules pour qu'il s'en prenne à elles comme ça ? Il n'a laissé qu'une poule et le coq. Sans doute pour qu'ils puissent se reproduire. Parce que je suppose que le renard, comme tout le monde, il est quand même pour la biodiversité.
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