1023 au mustimètre hier soir. 1018 ce matin. 1016 ce soir. La densité de ma cuvée de Moulin à Vent décroit à nouveau. Grand soulagement. Elle était bloquée à 1025 depuis deux jours.
La baisse des densités traduit l'activité de transformation des sucres en alcool par les levures. Lorsque la densité cesse de décroitre, cela peut signifier l'arrêt de la fermentation alcoolique et l'exposition de la cuve à la "piqure lactique" qui pourrait rendre le vin impropre à la consommation. Quand on a passé une année à travailler dans ses vignes, on a pas très envie de se planter dans la dernière ligne droite (mon portefeuille non plus n'a pas très envie que je me plante).
A l'encuvage de mes Moulin, j'avais décidé de ne pas levurer et de ne pas sulfiter; d'abord la volonté de ne pas mettre dans mes vins des intrants dont je ne connais ni les procédés de fabrication, ni les traces qu'ils pourraient laisser dans mes vins. Mais aussi, en corolaire, le souhait de faire un vin qui laisse exprimer au mieux son terroir. "Parle mon petit. Dis à papa ce que tu as dans le cœur." J'espère juste que le fiston n'est pas en plein Œdipe et qu'il n'a pas qu'une envie, celle de tuer le père.
Ceux qui me lisent régulièrement (oh l'autre, y fait sa star) doivent penser que je fais une parano avec les intrants œnologiques. J'entendais hier à la radio un chercheur, spécialiste des nano-matériaux se plaindre du mauvais procès que l'on fait à la chimie. La chimie, disait-il, c'est 95% de bonnes choses et 5% de mauvaises. J'aurais juste bien voulu qu'il nous explique quels sont les 5% de mauvaises choses, ça m'éviterait peut-être de me prendre régulièrement la tête sur ce sujet.
C'est toutefois plutôt stressant ces vinifs ultra lights. Pas vraiment la voie de la facilité. Les fermentations peinent à démarrer. On est perché en permanence au dessus des cuves, le nez à l'affut des premières odeurs d'acétate, l'oreille attentive aux premiers gargouillis de l'activité fermentaire naissante. gouzou gouzou gouzou. areu areu.
Et lorsque les gargouillis se font plus présents, on commence à respirer (en s'éloignant des cuves parce qu'avec le gaz carbonique dégagé par la fermentation, y'a de quoi s'asphyxier.) et on comprend pourquoi les intrants œnologiques ont été inventés et connaissent un tel succès ...
Mais mes raisins étaient tellement beaux, alors pourquoi ne pas essayer de faire du vin avec simplement du raisin, comme nous l'explique le président des "vignerons indépendants", dans une superbe vidéo que vous pouvez découvrir ICI ? (merci François de m'avoir fait découvrir ce lien. Cela a été pour moi une révélation.)
C'est vrai que mes raisins étaient supers. Je sais, pour ceux qui lisent les blogs de vignerons, vous lisez cela partout. Mais chez moi c'est vrai. (combien d'amis vignerons me restera t-il sur Facebook après ce billet ?)
Ces vendanges furent d'ailleurs magnifiques. Un vrai moment de joie. Il a fait beau. L'étonnante qualité du raisin, au regard des conditions climatiques capricieuses du millésime, se confirmait de jour en jour, à l'exception d'une parcelle de Fleurie très (trop) vigoureuse où le mildiou avait altéré la récolte et qui nécessita un tri plus sévère. Ailleurs, pas de table de tri, juste un tri sur cep par les vendangeurs. Je sais, c'est pas super vendeur de dire qu'on a pas passé au crible ses raisins sur une table de tri. L'an dernier, un commercial que j'avais sollicité pour l'acquisition d'une table de tri m'avait donné comme argument pour me convaincre de réaliser cet investissement que certains amateurs de vin tapaient "table de tri" sur Google comme critère d'accès aux sites de vignerons, la seule évocation de la table de tri sur leur site étant interprétée par l'amateur comme un gage de sérieux et pouvait l'orienter dans son acte d'achat...Trop forts ces commerciaux. Dans la même veine, je lisais l'autre jour un article de présentation d'un domaine du Beaujolais où le journaliste nous expliquait sous la dictée du nouveau propriétaire que l'on devait respecter l'intégrité du raisin à la vendange et que le tri était primordial. Que la base d'un bon vin, c'était un raisin impeccablement trié et que leur table de tri high tech leur permettait d'atteindre ce niveau d'exigence. Soit. Aujourd'hui, j'apprenais que cette propriété avait utilisé la machine à vendanger pour certaines parcelles, méthode de récolte, comme chacun sait, on ne peut plus respectueuse de la qualité du raisin. C'est vrai que dans ces conditions, on a plutôt intérêt à avoir une sacrée table de tri. Pauvres journalistes. Et pauvres lecteurs. Que de couleuvres leur fait on avaler. Mais c'est vrai que le vin est tellement synonyme de convivialité, qu'il incarne blablabla, et que par conséquent la communication autour du vin, c'est souvent disneyland et blablabla. Un vigneron, à cheval entre sa propriété beaujolaise et son appartement parisien (ça existe) me racontait qu'à Paris les vignerons sont mythifiés (lui en tout cas!). Je devrais y aller plus souvent , ça serait bon pour mon ego. Qu'on continue donc à leur vendre du mythe, même un peu mité.
Les Bachelards ont retrouvé le calme. Les vendangeurs ont déserté les lieux. Certains ont pris le chemin d'autres vignobles, Champagne, Arbois. Quelle équipe avons nous eu la chance d'avoir. Des vendangeurs jeunes, drôles, consciencieux, et solidaires dans l'effort. Pas triés sur le volet non plus les vendangeurs mais un excellent cru également. Des marginaux pour certains, mais si c'est cela la marge, je vote pour qu'elle occupe les trois quarts de la page. Avec juste un léger défaut quand même chez ces jeunes gens, une consommation supérieure à celle de mon tracteur russe de marque Zétor qui date pourtant de l'ère soviétique. En même temps, ça fait plaisir de voir qu'on apprécie votre Beaujolais-Village à ce Point (jeu de mots maître Capello). Et pour une fois qu'on voit des jeunes boire du vin, après tout, on va pas se plaindre. Peut-être sont-ils ceux qui sortiront demain la viticulture française de l'ornière dans laquelle elle est tombée ? Allez les jeunes, on compte sur vous. Haut les coudes ! Un grand merci au passage aux amis pour le coup de main (Hugues si tu nous lis, spéciale dédicace), à la famille de ma femme (et à ma femme!) pour leur aide précieuse pendant ces vendanges.
Voilà maintenant venue la phase de fin des fermentations alcooliques avant pressurage. Autre stade, autre moment de stress. Les densités sont toutes entre 1000 et 1015. L'activité levurienne faiblit. Mes levures seront elles assez costaudes pour bouffer tous les sucres ? Miam, c'est bon les sucres les levures. Gavez vous mes amies. Vous n'avez pas de dents. Pas de risque de carie.
Demain, délestage de deux cuves qui trainaillent un peu avec l'espoir que cela les rebooste. On vous tient au courant.
jeudi 30 septembre 2010
mardi 14 septembre 2010
Les points sur les i
Le journaliste Jacques Dupont du Point a choisi pour l'édition 2010 de son "spécial vins", de mettre à l'honneur 13 appellations dont, devant la qualité du millésime 2009, l'appellation Beaujolais-Villages. Une dégustation fut organisée par l'interprofession à sa demande au début de l'été. Nous avons présenté notre vin et avons eu la chance que celui-ci plaise à Jacques Dupont. "Minéral, vif, fruité, un peu serré, de la tenue, pas mal, frais, bonne longueur, équilibré." Il lui décerna la note honorable de 15 sur 20 et le plaça en onzième place de son classement sur plus de cent vins dégustés.
La dégustation à l'aveugle terminée, l'identité des bouteilles appréciées est dévoilée. La chance, encore, voulut que le vigneron en charge du service des vins, sommelier de formation, nous connaissait, pour avoir démarré sa conversion à la bio en même temps que nous. Il parla de nous à Jacques Dupont, lui dit que j'étais informaticien avant de devenir vigneron. La singularité de mon parcours intéressa le journaliste, qui exprima le souhait de nous rencontrer. Le soir nous dinions ensemble à la maison.
Nous étions plutôt intimidés ma femme et moi. Jacques Dupont fait partie des quelques dégustateurs dont l'avis compte dans le monde du vin. On se demandait bien ce qu'on allait pouvoir lui raconter. Ne pas commettre d'impair, plaire au critique comme notre vin a pu lui plaire, dans l'espoir qu'il nous accorde une petite place dans son spécial vins. A la sortie de ce numéro, Le Point double ses ventes; plus de 700000 exemplaires tirés (et vendus!). Ça fait quand même un sacré paquet de lecteurs qui s'intéresse aux goûts de Jacques Dupont, donc une vraie opportunité de trouver des clients pour des gens qui comme nous démarrent la vente à la bouteille.
Nous avons trouvé Jacques Dupont très sympathique et plein de simplicité. Lors du repas, il nous raconta quelques anecdotes tirées de ses nombreuses visites dans les vignobles (que je retrouvai pour certaines plus tard dans son livre "Choses bues", lu cet été et dont je recommande au passage la lecture, instructive et plaisante, un peu dans la veine du dictionnaire amoureux du vin de Bernard Pivot, autre ouvrage érudit mais pas prise de tête). Il nous montra sur son ordinateur portable de superbes photos prises par Michel Labelle, le photographe qui vint plus tard faire la photo de Madame et Mezigue illustrant le petit portrait que Jacques Dupont dresse de nous dans le Point. Il nous parla des plats mijotés qu'il aime à préparer pour ses amis, de ses premières expériences de journaliste au sein des radios libres, de mille sujets qui firent de cette soirée un vrai moment de convivialité. Nous goutâmes quelques vins de la maison, un Fleurie 2007 (notre plus ancien millésime!), encore marqué par un passage en fûts neufs dont il ne dit rien (un silence que je ne préfère pas interpréter !), mais aussi mon petit vin nature zéro intrant, zéro sulfite. L'ambiance était bon enfant, j'ai une certaine fierté pour ce vin que je trouve surprenant et je me sentais suffisamment en confiance pour lui faire déguster. Il a goûté, ne l'a pas trouvé désagréable mais n'a pas pour autant sauté au plafond. Je l'interrogeai sur ce qu'il pensait des vins sans souffre, je l'informai de l'intérêt que j'avais pour ces vins, de mes interrogations sur ce type de vinification quand il m'interrompit d'un "ne faîtes pas cette connerie là!". C'est le genre de truc qui vous dégrise aussi sec. Et après, on rame, on rame. On se demande si on n'en a pas trop dit. "C'est pas ce que je voulais dire. Euh, non, je suis ENTIÈREMENT d'accord avec vous. Ça fait des vins déviants. Mais bon, euh...". Et on se dit qu'on a trop parlé. Qu'on a dit la CHOSE qu'il ne fallait pas dire. La soirée continue; l'homme est toujours aussi sympathique, les échanges toujours aussi agréables, mais on ne peut s'empêcher de penser à cet "incident" sur les vins sans soufre. Faut-il que je revienne sur le sujet pour préciser le fond de ma pensée ? " C'est la vinification sans soufre qui m'intéresse. Mais je suis d'accord. Il est INDISPENSABLE de sulfiter à la mise." Et finalement, on préfère éviter de revenir sur le sujet, de peur d'agacer notre hôte par notre insistance. Et on reparle des vignes, du bio (sujet plus consensuel aujourd'hui, bien que notre homme n'en fasse pas une religion), des plats en sauce. Puis vient l'heure de se quitter. De saluer Jacques, en le remerciant de sa visite, de lui dire combien nous serions (sincèrement) heureux de le revoir lors d'un prochain passage dans le vignoble, pour une dégustation de Fleurie, cette fois-ci pourquoi pas. Et les jours passent, et le sentiment de s'être tiré une balle dans le pied en affichant la volonté de faire des vins qui ne sont manifestement pas de ceux que Jacques Dupont a envie de défendre, de promouvoir, parce qu'ils ne sont tout simplement pas à son goût, persiste même s'il s'estompe peu à peu jusqu'au jour où vous recevez un appel du Point vous prévenant qu'un photographe de la maison va venir vous tirer le portrait. Ouf.
Et nous voilà maintenant page 188, Sophie et moi, prenant la pose, sourire aux lèvres, manifestation triomphale de notre bonheur d'être devenus vignerons.
"L'époque où je gagnais de l'argent est révolue" me fait dire Jacques Dupont. (propos que je me souviens lui avoir tenu. Je confirme d'ailleurs pour ceux que l'aventure tenterait, informaticien par les temps qui courent, c'est quand même plus lucratif que vigneron ;-). "Mais j'ai gagné autre chose." "Ma légitimité démarre, je veux la construire." Ça par contre, le souvenir de ce propos est moins présent, mais peut-être l'ai-je tenu. Car, sans coquetterie de ma part, je ne me considère pas plus légitime (je serais tenté d'écrire "bien moins") que tous ces vignerons de Fleurie ou d'ailleurs, qui font du vin depuis des générations et qui n'ont par conséquent pas eu la chance d'être informaticien ou vendeur de lingerie féminine, comme un des autres néos présentés dans le spécial vins de cette année, avant de se lancer dans la vigne et dont finalement le parcours intéressera moins le lecteur du Point. Je m'étonne de l'intérêt que l'on manifeste à chaque fois que j'explique mon changement de trajectoire professionnelle. "Tu as de la chance, tu as réalisé ton rêve." me dit-on souvent. C'est amusant de voir combien on semble parfois m'envier, non pas finalement d'être devenu vigneron (quoique), mais d'avoir eu, à un moment (avancé!) de ma vie, la volonté, le courage (l'inconscience) de tout plaquer pour changer de vie. L'herbe est toujours plus verte ailleurs.... C'est d'autant plus vrai quand on se lance en bio :-) (faut que je fasse gaffe avec les smileys, ça a un côté applause qui me gonfle un peu; vous êtes prêt, c'est à vous de sourire ;-)
Petite anecdote au passage sur l'herbe qui serait plus verte ailleurs. Nous avions été contactés en 2008 par Delarue pour passer dans son émission, tout plaquer pour changer de vie, justement. Autant j'étais super motivé pour recevoir Jacques Dupont à la maison, autant Jean-Luc Delarue, ça me disait moyen. On a donc, malgré plusieurs relances, refusé l'invitation. J'avais pas spécialement envie de me retrouver assis face à lui et ses fiches, coincé entre une ancienne cadre du secteur bancaire qui a décidé de tout plaquer pour changer de vie en ouvrant des chambres d'hôtes dans le Quercy et un ancien postier qui a décidé de tout plaquer pour changer de vie en reprenant un centre de plongée sous-marine en Guadeloupe. " Vous étiez informaticien en région parisienne, et vous avez décidé de tout plaqué pour changer de vie et devenir vigneron dans le Beaujolais, à Fleurie. On regarde le reportage et on vous donne la parole Lilian". Non merci Jean-Luc, ça va aller.
Cela étant, je me souviens de Delarue à ses débuts, de son "ça se discute", où étaient traités des sujets très intéressants et peu abordés parce qu'un peu tabou, comme par exemple celui de la sexualité des jeunes handicapés mentaux, émission qui m'avait interpellé à l'époque sur la "gestion" du handicap mental en France. Après il a un peu dérivé le jeune homme. Comme moi d'ailleurs en ce moment :-) (bien pratique quand même ces smileys).
Jacques Dupont, quant à lui, si je peux me permettre cette analyse, et si je peux me permettre de l'exprimer (je peux me permettre ?), souhaite avant tout aider ceux qui partagent son amour du vin et qui ont décidé de tout plaquer (c'est la dernière fois, après j'arrête) pour devenir vigneron. Il commence d'abord par déguster les vins. Puis rencontrer les vignerons qui ont fait ceux qu'il a appréciés. Puis éventuellement donner un coup de pouce aux vignerons "débutants" dont il juge digne d'intérêt le travail, le projet et la personnalité. Un petit côté Robin des Bois des vignes (j'avais osé la plaisanterie lors de notre rencontre). On ne peut (moi le premier!) que l'en remercier, quand certains de ces confrères préfèrent enfoncer des portes ouvertes.
Ceci dit, il faut avouer que j'adore mon Beaujolais-Villages, que je suis très heureux mais pas plus étonné que ça qu'il ait plu à Jacques Dupont. (Par contre très déçu qu'il n'ait pas plu aux dégustateurs de "Bourgogne aujourd'hui" à qui je l'avais également présenté ;-) (vraiment pas mal du tout ces smileys). Mais que je dois reconnaître dans le même temps que je suis bien incapable de dire quelles actions j'ai faîtes ( ou que je n'ai pas faîtes !) pour arriver à ce résultat ! Certes, j'ai mené la fermentation avec grand soin. Certes le raisin vinifié était d'une qualité irréprochable. Mais en quoi cela diffère de ce qu'ont pu faire mes collègues vignerons du Beaujolais ? L'état sanitaire de la vendange était exceptionnel partout en 2009. Notre vinification semi-carbonique grappes entières est des plus classiques (fermentation traditionnelle beaujolaise). Alors pourquoi mon vin plus qu'un autre ? Est-ce du à l'élevage en foudre ? à l'hygrométrie de la cave d'élevage ? A ce fameux terroir, dont tout le monde se gargarise mais dont on éprouve toutes les peines du monde à donner une définition précise ? Au fait que je sois en bio et que le vin a été élaboré à partir de levures indigènes ? Je n'en sais absolument rien. Il serait prétentieux de me part d'affirmer le contraire. Et je ne peux alors m'empêcher de penser à tous ces vignerons du Beaujolais qui traversent une période difficile et qui peuvent s'interroger sur la légitimité de l'informaticien au chapeau de paille qui sourit au milieu des notes de dégustation des Beaujolais-villages choisis par le très influent Jacques Dupont.
Mais que cela ne vous empêche pas d'acheter mon village ! Jacques Dupont l'a trouvé bon. Et on peut lui faire confiance :-)
La dégustation à l'aveugle terminée, l'identité des bouteilles appréciées est dévoilée. La chance, encore, voulut que le vigneron en charge du service des vins, sommelier de formation, nous connaissait, pour avoir démarré sa conversion à la bio en même temps que nous. Il parla de nous à Jacques Dupont, lui dit que j'étais informaticien avant de devenir vigneron. La singularité de mon parcours intéressa le journaliste, qui exprima le souhait de nous rencontrer. Le soir nous dinions ensemble à la maison.
Nous étions plutôt intimidés ma femme et moi. Jacques Dupont fait partie des quelques dégustateurs dont l'avis compte dans le monde du vin. On se demandait bien ce qu'on allait pouvoir lui raconter. Ne pas commettre d'impair, plaire au critique comme notre vin a pu lui plaire, dans l'espoir qu'il nous accorde une petite place dans son spécial vins. A la sortie de ce numéro, Le Point double ses ventes; plus de 700000 exemplaires tirés (et vendus!). Ça fait quand même un sacré paquet de lecteurs qui s'intéresse aux goûts de Jacques Dupont, donc une vraie opportunité de trouver des clients pour des gens qui comme nous démarrent la vente à la bouteille.
Nous avons trouvé Jacques Dupont très sympathique et plein de simplicité. Lors du repas, il nous raconta quelques anecdotes tirées de ses nombreuses visites dans les vignobles (que je retrouvai pour certaines plus tard dans son livre "Choses bues", lu cet été et dont je recommande au passage la lecture, instructive et plaisante, un peu dans la veine du dictionnaire amoureux du vin de Bernard Pivot, autre ouvrage érudit mais pas prise de tête). Il nous montra sur son ordinateur portable de superbes photos prises par Michel Labelle, le photographe qui vint plus tard faire la photo de Madame et Mezigue illustrant le petit portrait que Jacques Dupont dresse de nous dans le Point. Il nous parla des plats mijotés qu'il aime à préparer pour ses amis, de ses premières expériences de journaliste au sein des radios libres, de mille sujets qui firent de cette soirée un vrai moment de convivialité. Nous goutâmes quelques vins de la maison, un Fleurie 2007 (notre plus ancien millésime!), encore marqué par un passage en fûts neufs dont il ne dit rien (un silence que je ne préfère pas interpréter !), mais aussi mon petit vin nature zéro intrant, zéro sulfite. L'ambiance était bon enfant, j'ai une certaine fierté pour ce vin que je trouve surprenant et je me sentais suffisamment en confiance pour lui faire déguster. Il a goûté, ne l'a pas trouvé désagréable mais n'a pas pour autant sauté au plafond. Je l'interrogeai sur ce qu'il pensait des vins sans souffre, je l'informai de l'intérêt que j'avais pour ces vins, de mes interrogations sur ce type de vinification quand il m'interrompit d'un "ne faîtes pas cette connerie là!". C'est le genre de truc qui vous dégrise aussi sec. Et après, on rame, on rame. On se demande si on n'en a pas trop dit. "C'est pas ce que je voulais dire. Euh, non, je suis ENTIÈREMENT d'accord avec vous. Ça fait des vins déviants. Mais bon, euh...". Et on se dit qu'on a trop parlé. Qu'on a dit la CHOSE qu'il ne fallait pas dire. La soirée continue; l'homme est toujours aussi sympathique, les échanges toujours aussi agréables, mais on ne peut s'empêcher de penser à cet "incident" sur les vins sans soufre. Faut-il que je revienne sur le sujet pour préciser le fond de ma pensée ? " C'est la vinification sans soufre qui m'intéresse. Mais je suis d'accord. Il est INDISPENSABLE de sulfiter à la mise." Et finalement, on préfère éviter de revenir sur le sujet, de peur d'agacer notre hôte par notre insistance. Et on reparle des vignes, du bio (sujet plus consensuel aujourd'hui, bien que notre homme n'en fasse pas une religion), des plats en sauce. Puis vient l'heure de se quitter. De saluer Jacques, en le remerciant de sa visite, de lui dire combien nous serions (sincèrement) heureux de le revoir lors d'un prochain passage dans le vignoble, pour une dégustation de Fleurie, cette fois-ci pourquoi pas. Et les jours passent, et le sentiment de s'être tiré une balle dans le pied en affichant la volonté de faire des vins qui ne sont manifestement pas de ceux que Jacques Dupont a envie de défendre, de promouvoir, parce qu'ils ne sont tout simplement pas à son goût, persiste même s'il s'estompe peu à peu jusqu'au jour où vous recevez un appel du Point vous prévenant qu'un photographe de la maison va venir vous tirer le portrait. Ouf.
Et nous voilà maintenant page 188, Sophie et moi, prenant la pose, sourire aux lèvres, manifestation triomphale de notre bonheur d'être devenus vignerons.
"L'époque où je gagnais de l'argent est révolue" me fait dire Jacques Dupont. (propos que je me souviens lui avoir tenu. Je confirme d'ailleurs pour ceux que l'aventure tenterait, informaticien par les temps qui courent, c'est quand même plus lucratif que vigneron ;-). "Mais j'ai gagné autre chose." "Ma légitimité démarre, je veux la construire." Ça par contre, le souvenir de ce propos est moins présent, mais peut-être l'ai-je tenu. Car, sans coquetterie de ma part, je ne me considère pas plus légitime (je serais tenté d'écrire "bien moins") que tous ces vignerons de Fleurie ou d'ailleurs, qui font du vin depuis des générations et qui n'ont par conséquent pas eu la chance d'être informaticien ou vendeur de lingerie féminine, comme un des autres néos présentés dans le spécial vins de cette année, avant de se lancer dans la vigne et dont finalement le parcours intéressera moins le lecteur du Point. Je m'étonne de l'intérêt que l'on manifeste à chaque fois que j'explique mon changement de trajectoire professionnelle. "Tu as de la chance, tu as réalisé ton rêve." me dit-on souvent. C'est amusant de voir combien on semble parfois m'envier, non pas finalement d'être devenu vigneron (quoique), mais d'avoir eu, à un moment (avancé!) de ma vie, la volonté, le courage (l'inconscience) de tout plaquer pour changer de vie. L'herbe est toujours plus verte ailleurs.... C'est d'autant plus vrai quand on se lance en bio :-) (faut que je fasse gaffe avec les smileys, ça a un côté applause qui me gonfle un peu; vous êtes prêt, c'est à vous de sourire ;-)
Petite anecdote au passage sur l'herbe qui serait plus verte ailleurs. Nous avions été contactés en 2008 par Delarue pour passer dans son émission, tout plaquer pour changer de vie, justement. Autant j'étais super motivé pour recevoir Jacques Dupont à la maison, autant Jean-Luc Delarue, ça me disait moyen. On a donc, malgré plusieurs relances, refusé l'invitation. J'avais pas spécialement envie de me retrouver assis face à lui et ses fiches, coincé entre une ancienne cadre du secteur bancaire qui a décidé de tout plaquer pour changer de vie en ouvrant des chambres d'hôtes dans le Quercy et un ancien postier qui a décidé de tout plaquer pour changer de vie en reprenant un centre de plongée sous-marine en Guadeloupe. " Vous étiez informaticien en région parisienne, et vous avez décidé de tout plaqué pour changer de vie et devenir vigneron dans le Beaujolais, à Fleurie. On regarde le reportage et on vous donne la parole Lilian". Non merci Jean-Luc, ça va aller.
Cela étant, je me souviens de Delarue à ses débuts, de son "ça se discute", où étaient traités des sujets très intéressants et peu abordés parce qu'un peu tabou, comme par exemple celui de la sexualité des jeunes handicapés mentaux, émission qui m'avait interpellé à l'époque sur la "gestion" du handicap mental en France. Après il a un peu dérivé le jeune homme. Comme moi d'ailleurs en ce moment :-) (bien pratique quand même ces smileys).
Jacques Dupont, quant à lui, si je peux me permettre cette analyse, et si je peux me permettre de l'exprimer (je peux me permettre ?), souhaite avant tout aider ceux qui partagent son amour du vin et qui ont décidé de tout plaquer (c'est la dernière fois, après j'arrête) pour devenir vigneron. Il commence d'abord par déguster les vins. Puis rencontrer les vignerons qui ont fait ceux qu'il a appréciés. Puis éventuellement donner un coup de pouce aux vignerons "débutants" dont il juge digne d'intérêt le travail, le projet et la personnalité. Un petit côté Robin des Bois des vignes (j'avais osé la plaisanterie lors de notre rencontre). On ne peut (moi le premier!) que l'en remercier, quand certains de ces confrères préfèrent enfoncer des portes ouvertes.
Ceci dit, il faut avouer que j'adore mon Beaujolais-Villages, que je suis très heureux mais pas plus étonné que ça qu'il ait plu à Jacques Dupont. (Par contre très déçu qu'il n'ait pas plu aux dégustateurs de "Bourgogne aujourd'hui" à qui je l'avais également présenté ;-) (vraiment pas mal du tout ces smileys). Mais que je dois reconnaître dans le même temps que je suis bien incapable de dire quelles actions j'ai faîtes ( ou que je n'ai pas faîtes !) pour arriver à ce résultat ! Certes, j'ai mené la fermentation avec grand soin. Certes le raisin vinifié était d'une qualité irréprochable. Mais en quoi cela diffère de ce qu'ont pu faire mes collègues vignerons du Beaujolais ? L'état sanitaire de la vendange était exceptionnel partout en 2009. Notre vinification semi-carbonique grappes entières est des plus classiques (fermentation traditionnelle beaujolaise). Alors pourquoi mon vin plus qu'un autre ? Est-ce du à l'élevage en foudre ? à l'hygrométrie de la cave d'élevage ? A ce fameux terroir, dont tout le monde se gargarise mais dont on éprouve toutes les peines du monde à donner une définition précise ? Au fait que je sois en bio et que le vin a été élaboré à partir de levures indigènes ? Je n'en sais absolument rien. Il serait prétentieux de me part d'affirmer le contraire. Et je ne peux alors m'empêcher de penser à tous ces vignerons du Beaujolais qui traversent une période difficile et qui peuvent s'interroger sur la légitimité de l'informaticien au chapeau de paille qui sourit au milieu des notes de dégustation des Beaujolais-villages choisis par le très influent Jacques Dupont.
Mais que cela ne vous empêche pas d'acheter mon village ! Jacques Dupont l'a trouvé bon. Et on peut lui faire confiance :-)
jeudi 9 septembre 2010
Réunion au CIBAS
Suite aux contrôles inopinés réalisés par le CIBAS ces dernières semaines, les vignerons bios du Beaujolais ont réclamé un rendez-vous au CIBAS pour exprimer leur ressentiment quant à ces contrôles. Une audience nous a été accordée hier matin. Si quelques uns manquaient à l'appel, la plupart des bios étaient présents. Les sujets suivants furent abordés :
Premier sujet: les critères de choix du CIBAS des parcelles à contrôler. Dixit le CIBAS, les contrôles ne sont pas (plus?) réalisés sur "recommandation", comme on me l'avait laissé entendre et comme j'ai pu l'écrire ici. Selon le plan d'inspection, 20% des parcelles du vignoble doivent être contrôlés chaque année. Afin de limiter les coûts de transport (pas dans le souci de limiter leur bilan carbone ;-), le CIBAS a découpé le vignoble en secteurs géographiques qui seront contrôlés sur un roulement de cinq ans. Au sein d'un secteur, toutes les parcelles sont inspectées, sans "préférence de traitement", que ces parcelles soient menées en bio ou en conventionnel. (Info ou intox, incapable de vous dire).
Deuxième sujet évoqué : nous avons demandé à ce que le CIBAS prévienne désormais les viticulteurs avant de réaliser les contrôles de leurs vignes, afin qu'ils puissent être présents le jour du contrôle et échanger avec l'inspecteur sur leurs pratiques culturales respectives. Notre demande a été jugée légitime par Guillaume de Castelnau, le président du CIBAS. Il doit s'en faire l'écho auprès de l'INAO afin de faire évoluer le plan d'inspection dans ce sens.
Troisième sujet : le point F du plan d'inspection,relatif à l'examen du bon entretien du sol et à la bonne gestion de l'herbe. Nous avons exprimé nos doutes quant à la compétence des inspecteurs à évaluer ce qu'est un sol "bien entretenu". Nous avons demandé la formulation de consignes plus précises dans le plan d'inspection pour permettre à l'inspecteur de faire son travail de contrôle de manière plus objective. Il a été décidé qu'un groupe de travail auquel seraient intégrés des vitis bios allait être constitué pour réfléchir à comment faire évoluer le plan d'inspection sur ce point délicat.
Si on fait donc le bilan de cette réunion, on peut dire qu'elle a été plutôt constructive. Les échanges ont été vifs, mais il faut reconnaitre, sans me faire l'avocat du diable, que nous nous sommes retrouvés face à des gens qui ne manifestaient pas d'hostilité particulière vis à vis de la bio ( non, non, je n'écris pas sous la contrainte d'un revolver braqué sur la tempe par le directeur du CIBAS).
La situation de notre vignoble est difficile, c'est un euphémisme. De plus en plus de vignes abandonnées, de plus en plus de vignerons qui doivent, pour joindre les deux bouts, travailler comme paysagiste, comme maçon en semaine et qui consacrent leur temps de "loisir" au boulot dans les vignes. Difficile donc, dans ces conditions, pour le CIBAS de réaliser sereinement les contrôles que sa fonction lui impose. On ne frappe pas un homme à terre. Pourtant l'INAO a menacé le CIBAS de lui retirer son accréditation si des contrôles ne sont pas réalisés et il a fallu alors au CIBAS faire preuve de plus de "volontarisme". D'où cette vague de contrôles à la fin de l'été. D'où la nécessité aussi pour le CIBAS de trouver des vignes non conformes, afin de prouver à l'INAO son "efficacité" en matière de contrôle. Et pour "faire du chiffre", les vignes des bios sont les cibles idéales. Elles présentent un aspect moins "polissé" que les vignes désherbées et traitées chimiquement et sont pour les contrôleurs une bonne source d'inspiration à l'écriture de leurs rapports. Seulement voilà, devant la prise de conscience générale de la catastrophe écologique engendrée par des décennies d'agriculture intensive et la volonté politique affichée de revenir à une agriculture plus propre, la minorité des bios trouve aujourd'hui une légitimité que les instances viticoles lui refusait jusqu'alors. Ce nouveau "statut" nous permet de demander une relecture des règles des appellations, à travers le prisme de la bio. Il nous permet d'affirmer qu'il vaut mieux des vignes avec de l'herbe, même beaucoup, que des vignes à l'aspect lunaire, où plus rien ne pousse à l'exception des ceps à la veille des vendanges, comme on peut malheureusement en voir encore aujourd'hui. Les instances locales du Beaujolais semblent prêtes à en discuter, avant de faire entendre notre voix auprès de l'INAO, ce qui est déjà en soit une petite révolution.
Espérons que cette volonté affichée aujourd'hui perdura au delà des vendanges et permettra de déboucher sur du concret. La route est droite, mais la pente est rude comme dirait l'autre. Et les bios ne souhaitent pas qu'elle soit goudronnée, ce qui renforcera la difficulté :) A suivre donc.
En ce qui concerne mon contrôle, j'ai profité de l'occasion pour savoir ce qu'il en était. Comme je n'ai toujours pas eu de réponse, à priori pas de souci pour mon clos.
Premier sujet: les critères de choix du CIBAS des parcelles à contrôler. Dixit le CIBAS, les contrôles ne sont pas (plus?) réalisés sur "recommandation", comme on me l'avait laissé entendre et comme j'ai pu l'écrire ici. Selon le plan d'inspection, 20% des parcelles du vignoble doivent être contrôlés chaque année. Afin de limiter les coûts de transport (pas dans le souci de limiter leur bilan carbone ;-), le CIBAS a découpé le vignoble en secteurs géographiques qui seront contrôlés sur un roulement de cinq ans. Au sein d'un secteur, toutes les parcelles sont inspectées, sans "préférence de traitement", que ces parcelles soient menées en bio ou en conventionnel. (Info ou intox, incapable de vous dire).
Deuxième sujet évoqué : nous avons demandé à ce que le CIBAS prévienne désormais les viticulteurs avant de réaliser les contrôles de leurs vignes, afin qu'ils puissent être présents le jour du contrôle et échanger avec l'inspecteur sur leurs pratiques culturales respectives. Notre demande a été jugée légitime par Guillaume de Castelnau, le président du CIBAS. Il doit s'en faire l'écho auprès de l'INAO afin de faire évoluer le plan d'inspection dans ce sens.
Troisième sujet : le point F du plan d'inspection,relatif à l'examen du bon entretien du sol et à la bonne gestion de l'herbe. Nous avons exprimé nos doutes quant à la compétence des inspecteurs à évaluer ce qu'est un sol "bien entretenu". Nous avons demandé la formulation de consignes plus précises dans le plan d'inspection pour permettre à l'inspecteur de faire son travail de contrôle de manière plus objective. Il a été décidé qu'un groupe de travail auquel seraient intégrés des vitis bios allait être constitué pour réfléchir à comment faire évoluer le plan d'inspection sur ce point délicat.
Si on fait donc le bilan de cette réunion, on peut dire qu'elle a été plutôt constructive. Les échanges ont été vifs, mais il faut reconnaitre, sans me faire l'avocat du diable, que nous nous sommes retrouvés face à des gens qui ne manifestaient pas d'hostilité particulière vis à vis de la bio ( non, non, je n'écris pas sous la contrainte d'un revolver braqué sur la tempe par le directeur du CIBAS).
La situation de notre vignoble est difficile, c'est un euphémisme. De plus en plus de vignes abandonnées, de plus en plus de vignerons qui doivent, pour joindre les deux bouts, travailler comme paysagiste, comme maçon en semaine et qui consacrent leur temps de "loisir" au boulot dans les vignes. Difficile donc, dans ces conditions, pour le CIBAS de réaliser sereinement les contrôles que sa fonction lui impose. On ne frappe pas un homme à terre. Pourtant l'INAO a menacé le CIBAS de lui retirer son accréditation si des contrôles ne sont pas réalisés et il a fallu alors au CIBAS faire preuve de plus de "volontarisme". D'où cette vague de contrôles à la fin de l'été. D'où la nécessité aussi pour le CIBAS de trouver des vignes non conformes, afin de prouver à l'INAO son "efficacité" en matière de contrôle. Et pour "faire du chiffre", les vignes des bios sont les cibles idéales. Elles présentent un aspect moins "polissé" que les vignes désherbées et traitées chimiquement et sont pour les contrôleurs une bonne source d'inspiration à l'écriture de leurs rapports. Seulement voilà, devant la prise de conscience générale de la catastrophe écologique engendrée par des décennies d'agriculture intensive et la volonté politique affichée de revenir à une agriculture plus propre, la minorité des bios trouve aujourd'hui une légitimité que les instances viticoles lui refusait jusqu'alors. Ce nouveau "statut" nous permet de demander une relecture des règles des appellations, à travers le prisme de la bio. Il nous permet d'affirmer qu'il vaut mieux des vignes avec de l'herbe, même beaucoup, que des vignes à l'aspect lunaire, où plus rien ne pousse à l'exception des ceps à la veille des vendanges, comme on peut malheureusement en voir encore aujourd'hui. Les instances locales du Beaujolais semblent prêtes à en discuter, avant de faire entendre notre voix auprès de l'INAO, ce qui est déjà en soit une petite révolution.
Espérons que cette volonté affichée aujourd'hui perdura au delà des vendanges et permettra de déboucher sur du concret. La route est droite, mais la pente est rude comme dirait l'autre. Et les bios ne souhaitent pas qu'elle soit goudronnée, ce qui renforcera la difficulté :) A suivre donc.
En ce qui concerne mon contrôle, j'ai profité de l'occasion pour savoir ce qu'il en était. Comme je n'ai toujours pas eu de réponse, à priori pas de souci pour mon clos.
Inscription à :
Messages (Atom)
